Mon histoire...avec ma grande mère.
Mon histoire avec la danse…
Dès qu’il commence à vivre, l’homme cherche, par le geste, à exprimer l’inexprimable, à dire en quelque sorte l’indicible : les jeux de la nature et de ses éléments, les mouvements de son âme, les élans de son cœur. L’art de la danse est le plus vieux du monde, parce qu’avant d’être conscience ou réflexions, il est instinct.Il y a cent façon de danser, voire plus. Je veux vous parler avant tout de la plus noble, de la plus belle pour moi, de celle qui domine toutes les autres parce qu’elle est vraie et touchante : la danse de ma grande mère « Lalla ». Celle qui était le motif essentiel de mon âge heureux et de ma passion.
Je vais vous emmener à Kenitra, « Port Lyautey » pour les intimes… J’ai trois ans, et je suis chez Lalla. Toutes les deux, cheveux au vent bien crépus, plusieurs foulards en couleurs autour de la taille, et c’est parti pour un spectacle sans fin. On chante et on danse, sur la fameuse et magnifique danse traditionnelle de la région du Gharb dans le nord-ouest du pays.
La danse de Lhayt, j’adorais et j’aime toujours autant. C’est la danse du lâcher prise de ma grande mère, une sorte de récréation avec ses petites filles.
Voilà qu’arrive la saison des moussems à Kenitra. Toute la famille se réunit pour assister au spectacle.
Fantasia, groupes de musique venant des villages voisins, des acrobates, des danseuses populaires, des vendeurs de bijoux, de gâteaux, de brochettes et de tajines…
Et au milieu de tout ça, la musique des flûtes et des bendir (tambour marocain) commence. Un danseur masqué avec la capuche de sa jellaba blanche, face à la foule, frappe prestement des pieds. C’est un homme d’un village voisin. Chaque village a son danseur qui perpétue la tradition lors des moussems.
La danse et sa tenue blanche sont censées accroître la pureté, la convivialité et la paix dans le village. Mais quelle révélation cette danse !!!
Le moussem continue, la danse de Lhayt évolue, et ma grande mère dans tout ça est partie telle une étoile filante.
Paix à ton âme. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi.
Promis, je danserais toujours en pensant à toi.
Essaih jamila/ haraka
Photo: Lalla (ma grande mère)

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